|
MEMORIAL
DU MARECHAL LECLERC DE HAUTECLOCQUE ET DE LA LIBERATION DE PARIS |
|
23
allée de la 2e DB |
|
|
Philippe LECLERC de HAUTECLOCQUE (1902-1947) La légende d'un héros exposition du 23 novembre 2002 au 8 mai 2003 |
| L'EXPOSITION |
|
Il y a 100 ans naissait Philippe Leclerc de Hauteclocque, futur général et, à titre posthume, maréchal de France. La célébration de cet anniversaire est l'occasion pour le Mémorial, qui lui est dédié, de mieux faire connaître le parcours et la personnalité du héros de Koufra, du libérateur de Paris et de Strasbourg. Une évocation poignante d'un homme dont l'engagement exemplaire a marqué son temps. |
|
Général hors pair, chef de famille attentif, le général Leclerc était sur tous les fronts..."Gentilhomme officier", "Français libre", "Libérateur", "Pacificateur méconnu" et, enfin "héros de légende", l'exposition nous fait revivre les moments clefs de sa vie au travers des grands évènements de la Seconde Guerre mondiale, et des épisodes douloureux de l'ère coloniale en Indochine et en Afrique du Nord. Autant d'exemples qui démontrent une grande lucidité face aux problèmes de son époque et soulignent un trait de caractère qui résume tous les autres, la liberté d'esprit. |
|
Grâce aux illustrations sonores, aux photographies, aux archives écrites, aux reconstitutions, le Mémorial propose donc ici de renouer avec la mémoire d'un grand homme de la nation. |
|
|
|
LE CATALOGUE |
Le général Vézinet, un de ses proches compagnons, décrivait ainsi le général Leclerc: "De ce héros d'une prodigieuse épopée de la France Libre et de la Résistance, du libérateur de Paris, de Strasbourg, les Français ont retenu l'image d'un jeune chevalier des temps modernes, victorieux, rayonnant et humain. Sa mémoire est l'objet d'un véritable culte. Mais on le présente trop souvent comme un modèle embelli et on a tendance à ne voir en lui que le cavalier escadronnant à la tête de ses blindés. Cette image idéalisée est trop sommaire, trop épurée, pour n'être pas simpliste [...]. La fierté d'avoir connu et servi un tel chef et un tel homme ne nous a pas empêché d'essayer de le représenter tel qu'il était, avec ses lumières mais aussi avec ses ombres. Il était trop grand pour avoir besoin d'être idéalisé." De tous les généraux de la Seconde Guerre mondiale, Philippe Leclerc de Hauteclocque est sans aucun doute le plus connu par les écrits de ses compagnons et par les travaux des historiens. Il est aussi le plus célébré. La toponymie est très éloquente: quelle ville, quel village n'a pas sa rue du général ou du maréchal Leclerc ? André Malraux, dans son discours anthologique à l'occasion du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon le 19 décembre 1964, ne cite qu'un général de la Seconde Guerre mondiale et c'est Leclerc:"Comme Leclerc entre aux Invalides, entre ici Jean Moulin..." . Il le place au rang des plus grands hommes de la nation. Cet ouvrage a pour objectif de montrer cette personnalité "hors norme" en s'appuyant sur des illustrations nombreuses, reflet des collections du Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris et du Musée Jean Moulin de la ville de Paris et de l'exposition temporaire qui y est présentée pour son Centenaire. Il présente l'homme issu d'une famille chrétienne, engagée au service de la France et qui paye un lourd tribut à la Grande Guerre. Philippe de Hauteclocque porte en lui cette empreinte. Il présente aussi le chef de famille, marié à Marie-Thérèse de Gargan avec qui il forme un ménage très uni, dont il aura six enfants, et qui concilie vie de famille et carrière. L'officier, très attaché à la tradition, doté d'une solide culture historique et politique, révèle, notamment au travers des épisodes marocains (1926-1933), un esprit d'initiative et une libre pensée. C'est donc naturellement, eu égard à sa foi et à son patriotisme qu'il décide de rejoindre le général de Gaulle pour continuer la guerre au sein de la France libre: choix politique s'il en est ! A la tête de la 2e division blindée, le général Leclerc a été le formateur d'une division unique par sa diversité cosmopolite, politique et religieuse. L'historien André Martel a pu à juste titre conclure : "Seuls le charisme, l'autorité et l'habileté de Leclerc ont assuré la fusion." Servi par une mission exceptionnelle, la libération de la capitale et de Strasbourg, symbole de l'Alsace, le libérateur l'accomplit avec brio. Ses responsabilités en Indochine et en Afrique du Nord, si elles sont courtes et ne permettent pas de conclure définitivement sur les objectifs de Leclerc, révèlent un personnalité libérale et un pacificateur méconnu. Dès lors, comment s'étonner que Philippe Leclerc de Hauteclocque occupe une place à part dans les mémoires et dans l'histoire. Sans tomber dans l'hagiographie, il est bien une figure de "Héros de légende". Christine Levisse-Touzé Directeur du Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris et du Musée Jean Moulin |
|
LE GENTILHOMME ET L'OFFICIER (1902-1940) |
Un capitaine instructeur, meneur d'hommes... |
Le 25 décembre 1934, Hauteclocque est promu capitaine, le premier des cavaliers de la promotion "Metz et Strasbourg". Ses camarades attendront, pour la plupart, l'été 1936. Il est nommé en 1935 au commandement de l'escadron de Saint-Cyr, poste, semble-t-il, très prisé et attribué généralement à des officiers appelés à un brillant avenir. Il y forme quatre générations de saint-cyriens. C'est bien le formateur qu'il faut retenir, dont la distinction naturelle, l'autorité et la dureté avec lui-même font une grosse impression sur les élèves officiers [...] . Il a sur ses élèves un grand ascendant et suscite l'admiration. Quant à ses supérieurs, ils traduisent leur estime par des appréciations éloquentes. Trois années consécutives de 1936 à 1938, le général Dufieux, membre du conseil supérieur de la guerre, inspecteur général de l'infanterie et à ce titre chargé de l'inspection de l'Ecole spéciale militaire conclut : "Brillant officier, de personnalité accusée [...] Officier très distingué et brillant. A pousser [...] tempérament de chef."[...] (Extrait de l'ouvrage "Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947), la légende d'un héros", de Christine Levisse-Touzé, directeur du Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin, Tallandier, en coédition avec Paris Musées, Paris, 2002) |
|
|
LE FRANCAIS LIBRE (1940-1943) |
Rejoindre de Gaulle... |
Seul officier breveté d'état-major de l'armée de terre à rejoindre le général de Gaulle à Londres, Leclerc rompt le sacro-saint principe d'obéissance de rigueur dans l'armée française, la "grande muette", étrangère à la République. En effet, les militaires, comme les femmes, ne sont pas des citoyens à part entière puisqu'ils ne sont ni électeurs ni éligibles. Sa décision est prise sans grand débat intérieur : elle est personnelle, raisonnée, sous-entendue par le refus de renier les principes d'honneur et de patriotisme qui l'ont soutenu jusque-là.[...]. Le 25 juillet, entrant ainsi dans l'aventure, il se présente au général de Gaulle et se met au service de la cause du chef de la France libre qui l'agrège à l'équipe de missionnaires constituée de René Pleven, du capitaine de réserve Hettier de Boislambert -qui a passé neuf ans en Afrique centrale-, et du commandant Parant qui a une longue expérience de l'Afrique, pour rallier pacifiquement l'ensemble équatorial de l'Empire français [...] . Leclerc aurait souhaité intégrer les rangs de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère mais on ne voulait pas d'un cavalier. Avant de partir pour l'Afrique, il est promu commandant, le 31 juillet 1940.[...].
(Extrait de l'ouvrage "Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947), la légende d'un héros", de Christine Levisse-Touzé, directeur du Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin, Tallandier, en coédition avec Paris Musées, Paris, 2002) |
|
|
LE LIBERATEUR (FIN 1943-MAI 1945) |
|
Sur le sol de France... |
|
Au moment de mettre le pied sur le sol de France, il prononce, à la BBC, une courte allocution :"Français, enfin, voici l'heure tant attendue. Il est difficile d'exprimer l'émotion de nos officiers, sous-officiers et soldats en pareil moment. Ces hommes viennent de partout [...] Nous voulons d'abord battre le Boche, l'ennemi maudit. Nous voulons ensuite retrouver les bons Français qui mènent, depuis quatre ans, dans le pays la lutte que nous menions dehors." L'émotion est grande pour tous ces hommes qui n'ont cessé de combattre et dont c'est, pour certains, le premier contact avec leur terre de France depuis juin 1940.[...]. |
|
Leclerc est accueilli, en France, par le général Walker, commandant le 20e corps d'armée américain dont il recevra les ordres pendant les premiers jours d'août. |
|
Dès leur débarquement, les unités de la 2e DB se regroupent dans la zone, à l'est de Coutances. Pendant les premiers jours d'incertitude concernant l'emploi de sa division, Leclerc se consacre à remonter le moral de ses hommes, rendu médiocre à cause de l'inaction. |
|
1944, pause au sud d'Avranches © Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin |
Le 6 août, l'ordre de mouvement arrive, la 2e DB est lancée dans la manoeuvre alliée qui doit couper la retraite des forces allemandes venant de Bretagne et les empêcher de gagner la Basse-Seine. Par Fougères et Château-Gontier, la 2e DB atteint Le Mans le 9 août. Le général complète l'organisation des groupement tactiques. C'est alors que le commandement allemand déclenche la contre-offensive de Mortain.[...].
(Extrait de l'ouvrage "Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947), la légende d'un héros", de Christine Levisse-Touzé, directeur du Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin, Tallandier, en coédition avec Paris Musées, Paris, 2002)
|
|
LE PACIFICATEUR MECONNU |
|
L'arrivée de Leclerc à Saïgon... |
|
Leclerc prend conscience, très vite, qu'il n'est pas possible de rétablir la souveraineté française en Indochine avec des moyens réduits. Selon lui, la présence de troupes solides et bien armées provoquerait un changement rapide d'attitude. Il faut d'abord rétablir l'ordre au sud puis aller au Tonkin ou il va faire porter l'essentiel de son effort militaire. Il veut aussi profiter de la présence britannique, au sud de la Cochinchine, pour installer le maximum de moyens politiques et militaires dans le Nord en s'appuyant sur les équipes que le Gouvernement y a déjà envoyées, maintenir et affirmer les droits français notamment vis-à-vis des Alliés, reprendre pied dans la zone chinoise dès l'arrivée des renforts et négocier sur le plan politique avec les représentants du mouvement viêt-minh. [...]. Le 13 septembre arrive à Saïgon, un premier détachement aéroporté, deux compagnies anglaises de la 20e division hindoue mais aussi des éléments du 5e régiment d'infanterie coloniale (RIC), premiers soldats de la France libérée à revenir en terre indochinoise, tous trois sous le commandement du général anglais Gracey qui proclame la loi martiale, le 21 septembre. Dans la nuit suivante, les Français, avec l'aide des Britanniques, prennent le contrôle de tous les organes vitaux de Saïgon. [...].
(Extrait de l'ouvrage "Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947), la légende d'un héros", de Christine Levisse-Touzé, directeur du Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin, Tallandier, en coédition avec Paris Musées, Paris, 2002) |
|
|
UN HEROS DE LEGENDE |
|
La mémoire du grand soldat honorée... |
|
Le 26 juin 1952, le président de l'Assemblée nationale, Edouard Herriot ouvre la séance en indiquant l'ordre du jour soumis à discussion : "du projet de loi autorisant le Gouvernement à conférer à titre posthume la dignité de maréchal de France au général d'armée Leclerc de Hauteclocque" sur propositions de loi de Bernard Lafay, de Raymond Dronne et de Hettier de Boislambert. Il poursuit : "mes chers collègues [Mmes et MM. les députés se lèvent], le Gouvernement à décidé, et la commission de la défense nationale, par le rapport de M. de Bénouville, vous propose de conférer la dignité de maréchal de France, à titre posthume, au général Leclerc. Pour que cette décision soit valable, il faut une loi, celle qu'ont depuis longtemps réclamée plusieurs de nos collègues, en particulier les représentants d'outre-mer, et que l'Assemblée nationale va voter avec enthousiasme. On s'étonne qu'une carrière si prodigieusement remplie ait pu se développer en un temps si court puisque Philippe-François-Marie de Hauteclocque est né dans la Somme, il y a moins de cinquante ans. C'est que, toute sa vie, il a brûlé les étapes, depuis son entrée à Saint-Cyr, dans ses campagnes du Maroc où il sert comme volontaire à la tête d'un goum ; toutes les notes dont il est l'objet consacrent, avec sa droiture qui deviendra légendaire et ses qualités de coeur, son aptitude à commander, ses qualités de chef. Du chef, il a cette qualité essentielle : l'esprit de décision. On a révélé sa noble devise : "se commander à soi-même". Répondant à l'appel du 18 juin, dans des conditions qui relèvent du roman et de l'épopée, il s'empare du Cameroun en quelques heures et sans la moindre effusion de sang. L'opération de Koufra est une merveille d'audace : il a fallu traverser 1 700 kilomètres de désert avec seulement deux points d'eau." Herriot retrace l'ensemble de l'épopée de Leclerc de Paris à Hanoï, ultime étape de la libération jusqu'à son accident avec ses compagnons. Il ajoute : "La foule de Paris, qui avait accueilli Leclerc avec des fleurs, le salue maintenant par ses larmes. Une carrière brisée, une gloire achevée, ainsi se résume la vie si courte et si éblouissante de Leclerc." |
|
||
|
Un amendement est proposé par Raymond Dronne complétant l'article unique : "Le Gouvernement est autorisé à conférer, à titre posthume, la dignité de maréchal de France au général d'armée Philippe Leclerc de Hauteclocque." par "la mémoire du grand soldat sera honorée sous le nom de général Leclerc de Hauteclocque, maréchal de France." L'article unique complété est voté à l'unanimité. [...] Cette loi est promulguée par le président de la République, Vincent Auriol le 23 août 1952 pour le huitième anniversaire de la Libération de Paris. Cette dignité est un ultime hommage au chef de "l'armée Leclerc" qui n'a pourtant pas commandé en chef devant l'ennemi. Le 28 novembre, au cours d'une importante prise d'armes dans la cour d'honneur des Invalides, le président de la République, Vincent Auriol, en présence du président du Conseil, et des membres du Gouvernement, remet, à madame la maréchale Leclerc de Hauteclocque, le bâton de Maréchal, présenté par le capitaine Duplay, un ancien de la 2e DB qui deviendra l'historiographe de Leclerc. (Extrait de l'ouvrage "Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947), la légende d'un héros", de Christine Levisse-Touzé, directeur du Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin, Tallandier, en coédition avec Paris Musées, Paris, 2002) |
|||